Frère Jean-Pierre Mérimée
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60
Frère Jean-Pierre Mérimée
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60
“Il y a toujours d’un côté l’homme de la force, de l’emprise, de la ruse, le pouvoir qui fait plier, qui instrumentalise l’autre à ses fins ; de l’autre côté celui que le baptême plonge dans la mort du Christ, est enseveli avec lui pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle, dans la ligne du message évangélique. Et il faut bien dire que nous nous reconnaissons souvent dans l’un ou l’autre modèle…
Évangile
Matthieu 10, 37-42
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
Rappelez-vous, en se présentant au Jourdain pour recevoir le baptême de Jean, Jésus se soumet à la volonté de son Père. Il se range humblement parmi les pécheurs. Il est l'Agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde. Le baptême de Jésus par Jean Baptiste annonce et prépare son baptême dans la mort, encadrant ainsi sa vie publique par deux baptêmes.
L’évangile de ce jour illustre les exigences de ces deux baptêmes pour un chrétien : Le baptême de Jésus par Jean est couronné par la descente de l'Esprit Saint et la proclamation par le Père de sa filiation divine. La venue de l'Esprit sur Jésus est une investiture qui répond aux prophéties et qui en même temps annonce la Pentecôte et inaugure le baptême dans l'Esprit. Pour l'Église et pour ceux qui y entreront, la reconnaissance de Jésus comme Fils annonce la filiation adoptive des croyants. Notre baptême dans sa mort nous conduit à sa résurrection. Alors en recevant la plénitude de l'Esprit, c'est tout un peuple nouveau qui est inauguré, qui se met en marche.
Le baptême administré par l'Église fait entrer dans le Corps du Christ mais à la condition d'une fidélité persévérante. Il n'agit pas d'une manière magique, il exige une conversion totale, point de départ d'une vie nouvelle. C’est ce que détaille saint Matthieu en négatif : « N’est pas digne…, n’est pas digne..., n’est pas digne » ; oui, celui qui aime plus que Jésus sa famille, père, mère, frère ou sœur n’est pas digne de Lui, avec cette conclusion terrible : « Qui a trouvé sa vie la perdra », heureusement suivie par son contraire : « Qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera », parce que le baptême nous plonge dans la mort du Christ et nous ensevelit avec lui, mais c’est pour ressusciter à une vie nouvelle, non seulement individuelle mais au sein de tout le peuple des croyants. La mort au péché et le don de la vie sont inséparables. Le baptême est un sacrement pascal, une communion à la Pâque du Christ.
Cette vie nouvelle inaugurée le jour de notre baptême nous constitue comme une famille unique dont l’âme est l’esprit d’amour, que résume de façon si touchante la mention « d’un simple verre d’eau fraîche donné à un de ces petits en sa qualité de disciple ». Et, quelle que soit la modestie du geste, il s’agit de vivre toujours mieux, toujours plus en vérité, la mort au péché et la vie pour Dieu, avec Dieu, en Dieu.
Telle est cette vie - notre vie - une vie pascale où l’accent est mis, tantôt sur notre union à la Passion du Christ, tantôt sur sa résurrection. Ces deux aspects se réfèrent à une réalité unique, la Pâque de Jésus, et demeurent indissolublement unis.
Oui, Jésus nous donne l’assurance la plus haute, celle qui nous comble : « Qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ».
Jésus, nous croyons que tu es présent
en ton Eucharistie.
Nos yeux ne voient qu’un peu de pain
mais la foi nous dit
Que c’est Toi Dieu très Saint.
Ô Jésus coeur brûlant d’amour,
viens embraser mon coeur.
Ô Jésus lumière envoyée par le Père,
viens illuminer mon âme.
Ô Jésus fais-nous entrer dans ta douceur
et dans ta miséricorde.
Donne-nous les sentiments de ton coeur,
ce coeur qui pour nous déborde.
En toi seul Jésus est notre espérance,
toi qui éclaires nos coeurs.
Garde-nous fidèles en ta présence,
nous t’adorons Seigneur.
Interprété par Choeur dans la ville
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