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Après avoir célébré Pâques et Pentecôte, nous célébrons aujourd’hui la Sainte Trinité. Cette fête est une solennité : l’Église entend ainsi nous aider à entrer un peu plus dans le mystère de Dieu. Un seul Dieu en trois personnes, avons-nous appris au catéchisme. Si nous tentons d’y comprendre quelque chose en comptant sur nos doigts, nous n’irons pas loin, même avec un bon livre de théologie et il y en a. En revanche, si nous comprenons qu’aujourd’hui, Dieu nous parle d’amour, peut-être entrerons-nous un peu dans ce grand mystère du Dieu de l’alliance qui, depuis la création, veut se communiquer. Le Dieu de Jésus-Christ est avant tout relation et amour.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Jean 3, 16-18

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. 

Prédication

Parlez-moi d’amour
par Frère Jean-Jacques Pérennès
Écouter la prédication

« Hum, c’est vous qui prêchez aujourd’hui ? C’est le dimanche le plus difficile de l’année ». Voilà ce que m’avait dit le père Congar alors que, tout jeune diacre, je m’apprêtais à prêcher pour la première fois un dimanche au couvent Saint-Jacques à Paris. Pas de chance : mon tour de prédication était arrivé ce dimanche-là, fête de la Trinité. Le père Congar avait-il raison ? Oui et non. Oui, bien sûr, car le grand théologien qu’il était savait que les mots humains et les livres savants ont du mal à dire le mystère de Dieu. Vous connaissez peut-être cette légende : saint Augustin, se promenant sur une plage pour méditer sur le mystère de la Trinité, rencontra un enfant qui, un coquillage à la main, essayait de remplir d’eau un trou qu’il avait creusé dans le sable.  « Je veux faire entrer toute la mer dans le trou que j’ai creusé », dit-il à Augustin intrigué. Alors qu’Augustin lui disait qu’il n’y arriverait jamais, l’enfant, un ange envoyé par Dieu, lui répliqua : « Pour toi aussi, Augustin, il est impossible de comprendre le mystère de la Trinité avec ta compréhension humaine limitée. » Cette légende datant du XIIIe siècle confirme la perplexité du père Congar : le mystère de la Trinité est au-delà de notre entendement humain. Et pourtant, si la fête de la Trinité était d’abord une manière de nous parler d’amour, peut-être est-elle un peu à notre portée.

Souvenez-vous des lectures du dimanche de Pâques cette année. Que ce soit le récit de Pierre et Jean au tombeau ou celui des disciples d'Emmaüs, tous sont dépassés par la profondeur du mystère de la Résurrection de Jésus : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts », dit l’évangile de Jean au matin de Pâques (Jn 20, 9). Pour entrer un peu dans le mystère de Dieu, il nous faut reparcourir les Écritures pour comprendre que le Dieu de Jésus-Christ n’est pas un être lointain mais plutôt un être de relation, qui veut vivre avec les hommes une histoire d’amour. Dès la Genèse, après avoir créé le monde, Dieu crée l’homme et la femme et « Dieu vit que cela était très bon ». Dieu prend alors un risque. Mais son amour est si grand que, malgré la faute d’Adam, il fait ensuite alliance avec Abraham : « J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle ; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi. » Une alliance éternelle : à quoi Dieu s’engage-t-il ? Dans le Livre de l’Exode, Dieu fait découvrir à son peuple qu’il lui est vraiment fidèle : il ne le laisse pas dans la servitude, le fait sortir d’Égypte, l’accompagne au désert, lui procure la manne et l’eau du rocher. Au gré des infidélités récurrentes du peuple élu par Dieu, les prophètes ne cessent de rappeler la fidélité de Dieu : « Mon épouse infidèle, je vais la séduire », dit le livre d’Osée (2, 16), « je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai à cœur ». « Je vais ouvrir vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple », dit Ézéchiel, « et je vous ramènerai sur la terre d’Israël ». Oui, l’histoire de Dieu avec l’humanité est une histoire d’amour, une histoire de relation.

Et c’est parce que Dieu est d’abord amour que sa nature même est relation. Elle est trinitaire : « Nous confessons un seul Dieu, mais non solitaire », disait saint Hilaire de Poitiers dans son traité sur la Trinité et saint Augustin ajoute : « Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, l’Esprit Saint est le lien d’amour entre le Père et le Fils. » Relation, lien d’amour, désir de se communiquer. En mai 1986, le pape Jean-Paul II a publié une encyclique intitulée Le Seigneur qui donne la vie et, dans l’introduction qu’il en fait, le père Congar, encore lui, écrit : « Dans sa foi en l’Esprit Saint, l’Église proclame qu’il "est Seigneur et qu’il donne la vie"(…) Instruite par la parole du Christ, puisant dans l’expérience de la Pentecôte (…), l’Église proclame depuis le début la foi en l’Esprit Saint, celui qui donne la vie, celui par qui le Dieu un et trine, insondable, se communique aux hommes, établissant entre eux la source de la vie éternelle ». C’est à cette époque que le père Congar écrivait ses trois tomes intitulés Je crois en l’Esprit Saint.

« Il est Seigneur et il donne la vie », répétons-nous à chaque eucharistie sans bien mesurer la profondeur de ce que nous disons. Voilà pourtant quelque chose qui est à la portée de notre entendement humain et peut nous faire entrer un peu dans le mystère de la Trinité : le Dieu de Jésus-Christ, Dieu de l’alliance faite à Abraham, Dieu qui corrige mais qui pardonne tout au long de l’histoire du peuple élu, ce Dieu est un Dieu d’amour qui ne vit que pour se donner. « Je suis dans le Père et le Père est en moi », dit Jésus au moment de la dernière Cène. C’est parce que le Dieu de Jésus-Christ est amour et relation, mystère de communion, que la communauté des disciples, l’Église, doit à son tour être une communion.

Que cette solennité de la Trinité nous aide à entrer dans ce désir d’un Dieu qui se donne et nous invite à faire de même. Amen

Chant

Très-haut Seigneur
Écouter le chant

Très-haut Seigneur,
Trinité bienheureuse,
Nous t’adorons,
Nous te rendons grâce.

Père incréé, tu contiens
Toutes choses par Jésus-Christ,
L’image de ta gloire.

Verbe éternel, splendeur du Père,
Source du pardon,
Tu répands toute lumière.

Ô Saint Esprit,
Toi le sceau de l’alliance,
Souffle d’amour
Révèle ta puissance.

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Cantate Jerusalem
℗ ADF-Bayard Musique

Paroles : J.-Ph. Revel et D. Bourgeois – Musique : A. Gouzes, o.p.

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« .Thank you Jean-Jacques for sharing Pere Congar’s comment before your first sermon. Thank you for sharing your thoughts with us today. Through The Holy Spirit we are all being drawn into sharing deepe... »

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Nicholas - 28 mai 2026 - 9:00

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