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Frère Jean-Laurent Valois

Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60

« N'ayez pas peur », tels sont les mots que Jésus adresse à ses disciples dans la tempête. Tels sont ceux qu'il ne cesse de nous adresser pour nous encourager quand tout vacille autour de nous. Sachons lui faire confiance.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Matthieu 14, 22-33

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » 

Prédication

N'ayez pas peur !
par Frère Jean-Laurent Valois
Écouter la prédication

Rappelons-nous ce 27 mars 2020 lorsque, en pleine pandémie, la prière du Pape François s'élevait face à une place saint-Pierre déserte. Il avait choisi non pas notre évangile - Jésus marchant sur les eaux - mais celui de la tempête apaisée. Deux situations analogues mettant en scène la barque des apôtres exposée au fracas des vents et des flots... et menacée de naufrage.

Dans cette barque, comme dans le cœur des apôtres, c'est la tempête : ils ont peur car ils ressentent - comme nous - à quel point le monde est troublé. Ne viennent-ils pas d'apprendre la mort injuste de Jean le Baptiste ? Et voilà que Jésus est là. Par sa simple présence, il apporte la paix. Aujourd'hui, nous sommes témoins des multiples tourments qui agitent notre monde, dont certains semblent sans issue comme ces guerres, interminables. Et pourtant, nous croyons et nous savons reconnaître Jésus qui vient au-devant de nous pour sauver l'humanité et la nourrir de sa vie. Il nous visite à travers des personnes bien réelles.

J'aime la figure de Pierre. Il nous ressemble un peu. Comme à son habitude, il est entier, « brut de décoffrage ». Sur une parole de Jésus, il s'élance sur les flots... Le problème, c'est qu'il n'a pas encore vraiment expérimenté à quel point Jésus est présent. La confiance qu'il lui accorde est sans doute trop... hasardeuse, pas assez solide. Or, comme le dit sainte Thérèse de Lisieux, « c'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'amour ».

Au lieu d'écouter la voix du Seigneur et d'être habité par sa présence, Pierre se laisse accaparer par la force menaçante du vent. C'est cela qui le fait s'enfoncer dans les eaux. Dans le « tumulte des nations », on ne sait plus toujours qui croire et où donner de la tête. Comment se fait-il que la capacité de croire et de faire confiance soit en crise... jusque dans notre propre cœur ? Et si, au cœur de nos tempêtes, au lieu de prêter l'oreille au tentateur, nous nous mettions à écouter la voix de celui qui donne la vie ? Même si, comme Pierre, nous sommes conscients de nos faiblesses, si nous choisissons le Christ, c'est avec lui que nous nous engageons, et c'est lui... qui fait le reste ! 

Chant

Salve Regina
Écouter le chant

Salve, Regina, mater misericordiæ.
Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Hevæ.
Ad te suspiramus, gementes et flentes
In hac lacrimarum valle.
Eia ergo, Advocata nostra,
illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
Nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria ! 

Amen.

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Cantate Jerusalem
℗ ADF-Bayard Musique

Salut, reine, mère de la miséricorde.
Vie, douceur, espérance des hommes salut !
Enfants d’Ève, nous crions vers toi dans notre exil.
Vers toi, nous soupirons parmi les cris
et les pleurs de cette vallée de larmes
Ô toi, notre avocate,
tourne vers nous
ton regard plein de bonté.
Et montre-nous Jésus le fruit béni de tes entrailles,
à l’issue de cet exil.
Ô clémente ! Ô bonne ! Ô douce Vierge Marie.


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