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Laissez le bon grain et l’ivraie pousser ensemble jusqu’à la moisson, dit le maître à ses serviteurs. Voilà une parole d’un maître prudent qui ne veut rien perdre du bon grain. Ne nous emportons pas trop vite contre ce qui est apparemment mauvais. Apprenons aussi à prendre soin du bon grain. 


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Matthieu 13, 24-30

En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” »

Prédication

Un maître plein de patience et de douceur
par Frère Jean-Baptiste Régis
Écouter la prédication

Sur les étals de nos marchés, nous sommes habitués à voir de beaux fruits et de beaux légumes bien calibrés. On s’imagine peut-être que tous les fruits et légumes sont parfaits. Pourtant, avant d’arriver là, ils ont été sélectionnés et ceux qui ne remplissaient pas les bons critères ont été jetés. Cependant, à force de sélectionner les fruits et les légumes, on écarte un peu trop vite ce qui nous paraît gâté, au risque de passer à côté de quelques-uns qui nous auraient régalés !

Il n’en va pas comme ça dans le Royaume des Cieux. Cet évangile nous apprend que le Royaume des Cieux se construit en même temps que celui de son adversaire. Le maître prend le temps avant d’écarter l’ivraie. Ce n’est qu’à la fin des temps qu’on séparera le bon grain de l’ivraie. En attendant, ils poussent ensemble et les serviteurs devront prendre soin, aussi bien de l’un que de l’autre.

Ce champ est à l’image de notre monde. Celui-ci n’est pas encore arrivé à sa plénitude. La création de Dieu se poursuit jusqu’à son terme que nous ne connaissons pas encore. En particulier, le mal fait encore pousser son ivraie. Certes, la victoire de Dieu sur le mal est acquise par la résurrection du Christ. Mais elle n’est pas encore pleinement manifestée. Il nous revient alors de garder l’espérance de la voir un jour réalisée. En attendant, nous vivons en nous ce combat entre le bien et le mal.

Même saint Paul le reconnaît : je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas (Rm 7, 19). Nous aussi, nous sommes pécheurs. Mais cela ne nous empêche pas de grandir en sainteté. Notre histoire, malgré le mal et le péché qui la défigurent, est une histoire sainte que Dieu accompagne de sollicitude et de sa grâce.

Cet évangile nous libère d’un idéal de pureté qui n’est pas accessible en ce monde. Il nous faut apprendre à persévérer dans la sainteté malgré le mal qui fait pousser en nous l’ivraie. Le maître dit bien : laissez-les pousser ensemble. Le maître a plus de patience envers nous que nous-mêmes ! Nous, on voudrait tout arracher d’un coup. Mais Dieu calme nos emportements.

Si Dieu nous invite au calme et à la patience, c’est parce qu’il sait que d’un mal peut sortir un bien. Le bienheureux Jean-Joseph Lataste, dominicain et prédicateur en prison au 19e siècle, le proclamait en son temps : « Les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints ». La sainteté, tout comme la pureté, est une histoire, un chemin que nous parcourons patiemment. Mais gardons l’espérance : l’ivraie n’a pas d’avenir. Notre avenir, c’est le bon grain que Dieu a semé en nous et les bons fruits que nous aurons fait pousser.

Chant

Notre Père
Écouter le chant

Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite
Sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui
Notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi
À ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent
Le règne, la puissance et la gloire
Pour les siècles des siècles.

Amen

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Cantate Jerusalem
℗ ADF-Bayard Musique


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