Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
“Jésus est pour nous le prêcheur par excellence. En ce dimanche, nous le suivons lorsqu’il commence son ministère. Il invite toute personne qui veut bien l’écouter à se mettre en route vers le bonheur promis par le Père.
Évangile
Matthieu 5, 1-12a
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Tout commence par un appel au bonheur : « Bienheureux ! » Dans l’évangile selon saint Matthieu, Jésus inaugure sa vie publique par les Béatitudes au début du fameux « Sermon sur la Montagne ». Mais une question se pose : à qui Jésus adresse-t-il ces paroles à la fois stimulantes et exigeantes ? À tous ses disciples ? À quelques privilégiés ? Ou aux foules qui l’entourent ? Ne pensez pas que cette question soit sans intérêt : elle nous invite à bien saisir l’intention de Jésus, au moment où il se lance dans son apostolat. Pour y répondre, il faut lire attentivement la Parole de Dieu.
Revenons au début de l’évangile de ce jour : En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Les foules sont présentes, mais au loin ; Jésus est assis sur une petite hauteur, entouré par ses disciples. On pourrait avoir l’impression qu’il s’est éloigné de la foule, pour ne s’adresser qu’à ses intimes : Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Jésus se serait assis pour former ses disciples ? Pourquoi pas ? Mais, si vous regardez les épisodes qui précèdent cette page, vous verrez que, pour le moment, Jésus n’a que quatre disciples ! Quatre pêcheurs de Galilée : Simon et son frère André, et Jacques et Jean, les deux fils d’un petit patron de pêche appelé Zébédée (Mt 4, 18-22) ! Est-ce vraiment pour quatre personnes seulement que Jésus a prononcé ce long sermon ? Non, bien sûr. D’ailleurs, s’il a gravi une petite hauteur, ce n’est pas pour fuir les foules, restées en bas : c’est plutôt pour que sa voix porte loin ; et donc, pour que les foules puissent l’entendre.
À qui Jésus adresse-t-il les Béatitudes ? Lorsqu’on joue aux mots croisés ou fléchés, c’est souvent vers la fin du journal que l’on trouve la solution. De même, ici, l’énigme de l’auditoire de Jésus est résolue à la fin du Sermon sur la Montagne. Car saint Matthieu écrit : Les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité et non pas comme leurs scribes (Mt 7, 28-29). Les foules n’ont pas perdu une miette de la prédication de Jésus : c’est bien pour elles qu’il a parlé.
Autrement dit, les Béatitudes s’adressent à tout le monde. Elles ne sont pas réservées à un petit club d’heureux élus. À des chrétiens de « première classe », comme on l’a souvent cru dans le passé ! Heureusement, à la suite du concile Vatican II, l’Église nous a rappelé que la Bonne Nouvelle de Jésus s’adresse à toute l’humanité.
Et notre monde, qui va si mal, a bien besoin de cette Bonne Nouvelle pour continuer sa route sans tomber dans le désespoir. Malgré toute sa violence, nous apercevons en lui quelques signes d’espérance. Ainsi, depuis quelques années, un nombre grandissant d’adultes sont attirés par le Christ et demandent le baptême. À leur tour, ils ont reconnu leur Sauveur dans l’Enfant de Bethléem et dans le Crucifié du Golgotha.
Les Béatitudes proclamées par Jésus se présentent comme un programme, une feuille de route, offerte à tout être humain. Elles nous indiquent la voie par laquelle nous trouverons le vrai bonheur : la communion avec Dieu.
Ainsi, quand Jésus proclame que les doux sont bienheureux, il s’inspire d’un psaume qui dit : Les doux posséderont la terre et jouiront d’une abondante paix (Ps 36, 11). Or, dans ce même psaume se trouve un autre verset, que je vous livre en conclusion car il peut illuminer votre route quotidienne : Mets ta joie dans le Seigneur : il comblera les désirs de ton cœur (Ps 36, 4).
Écoutez-moi, peuples de l’univers,
j’ai vu le Seigneur, alléluia !
Il est vivant, il est ressuscité,
entrons dans sa joie, alléluia !
La mort est vaincue, célébrez la vie,
la lumière éternelle a resplendi,
La nuit est finie, levons-nous, partons !
Allons, venez, marchons, montons vers lui !
Bondissez de joie, exultez, dansez,
tous nos péchés ont été pardonnés.
Il est là, tout près, celui qui nous aime,
venez à lui, soyez transfigurés !
Où trouver l’amour, où trouver la vie ?
Pourquoi hésiter, pourquoi avoir peur ?
Ouvrez grand vos cœurs, ouvrez votre vie,
à l’amour infini, à Jésus Christ.
Le festin est prêt, venez à la fête,
il nous invite à son eucharistie
Approchons nous tous, offrons nous nous-mêmes
et il vivra en nous et nous en lui !
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