Frère Jean-Laurent Valois
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60
Frère Jean-Laurent Valois
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60
“Au premier jour de la semaine missionnaire mondiale, dans la parabole des invités au festin, Jésus nous dit que l'invitation au Royaume de Dieu est universelle : sachons la relayer.
Évangile
Matthieu 22, 1-14
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.’ Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’ Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’ L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’
Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »
« Heureux les invités au festin des noces de l'Agneau. » Je n'oublierai jamais la façon dont notre frère Michel Froidure, de la Maison du 60, prononça ces mots en reprenant la formule liturgique de la messe, depuis son lit aux soins palliatifs de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Il était dans une paix et une joie profondes. « Je vais à un mariage, disait-il, c'est plutôt réjouissant, n'est-ce-pas ?! »
Mais nous qui demeurons ici-bas, lorsque nous allumons la télévision ou la radio, ou que nous lisons les journaux, nous ne sommes pas toujours vraiment à la noce. Ne nous berçons pas d’illusions : il n’y a pas que d’la joie ! Ce qui s'impose à nous, n'est-ce pas plutôt ceux qui refusent d'entrer dans le Royaume ? Les dirigeants de la planète qui exercent leur volonté de puissance sans avoir le moindre scrupule de semer la mort chez leurs voisins ou dans leur propre population.
La parabole des invités au festin vient justement nous dire le contraire. La réalité, ce sont les noces ; le Royaume de Dieu, le monde de Jésus. Et tous ceux qui refusent d'y entrer sont pieds et poings liés dans le néant.
Alors regardons-les un peu, ces invités au festin. Pas intéressés ! Occupés par quelque chose de beaucoup plus intéressant. Leur vie est accaparée par une multitude d'obligations discutables. Des achats, des voyages, un agenda qu'ils remplissent de futilités de telle sorte qu'il n'y a plus aucune place pour la gratuité de la rencontre avec le Maître. Ils ne prêtent pas attention à sa fabuleuse invitation.
Manque de chance, en faisant ainsi, ils choisissent l'inverse de ce qui rend heureux et ils s'en détournent. En effet, ceux qui sont heureux, ce sont les êtres de désir. Ceux qui reconnaissent qu'ils ont besoin de se tourner vers Jésus. Eux, ils ont tout leur temps. Ils sont disponibles pour accueillir Jésus. Bien sûr, on vous dira que ceux qui ont fait ce choix sont des femmes et des hommes de rien, des rebuts de la société. Mais si c'était eux qui avaient tout compris ?
Et nous, si nous répondions à l'appel du Seigneur ? Il veut habiter nos vies, nos quartiers, nos familles, notre monde. Pour cela, arrêtons de nous faire du souci pour ce qui n'est pas vraiment essentiel. Sachons discerner les choix clairs et radicaux qui s'imposent. Sachons choisir ce qui vaut vraiment la peine et laisser tomber ce qui est inutile. Prenons du recul. Réfléchissons un peu à ce que nous faisons. Honnêtement, comment peut-on dire « Je n'ai pas le temps », alors que nous le gaspillons si souvent ? Quelle part de notre temps consacrons-nous à Dieu et aux autres ? Plus il sera grand, plus nous entrerons dans la joie des noces, plus le Royaume de Dieu s'ouvrira à nous !
Le Royaume est proche.
Que l’Esprit descende !
Et que se répande l’amour dans le monde.
Le monde a soif du Dieu vivant.
Il trouvera sa paix dans les plaies de son Seigneur.
Laissez-vous plonger dans la mort
et la résurrection du Christ,
Lui seul est votre Dieu et votre Roi. Adorez-le !
Que vienne ici l’Esprit de vie
Et qu’il répande en vous ses dons en plénitude !
Nul ne peut entrer dans le Royaume
s’il ne renaît de l’eau
Et de l’Esprit et s’il ne croit en Jésus-Christ.
Ouvrez vos cœurs aux Écritures
Et qu’à jamais la voix - du Père en vous - résonne :
« Je suis ton Seigneur et ton Dieu.
En toi, je mets tout mon amour.
N’éteins pas la flamme de l’Esprit
dont je te marque. »
Contrechant : Veni sancte Spiritus,
Veni, veni sancte Spiritus !
Interprété par Choeur dans la ville
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