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La liturgie de la Parole aujourd’hui nous parle de la vie en surabondance que Dieu nous donne gratuitement. L’eau du baptême qui régénère, le pain de la vie, la Parole qui nourrit notre cœur, l’Esprit Saint qui nous oxygène. Tout ce qui est nécessaire pour ne pas exister comme un navet mais pour vivre en enfants de Dieu.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Matthieu 14, 13-21

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Prédication

Vitamines et chlorophylle
par Frère Philippe Verdin
Écouter la prédication

Évidemment, l’épisode de la multiplication des pains est une annonce de la Cène, une préfiguration de l’Eucharistie.

Mais on peut comprendre ce signe de Jésus d’une autre manière. Dieu nourrit son peuple, comme il l’avait fait jadis par la manne dans le désert.

Quand Dieu ouvre à son peuple la Terre promise, il n’y a plus de manne. Le livre de Josué nous raconte en insistant que c’est dorénavant la Terre promise qui doit nourrir le peuple. 

Le signe qu’accomplit Jésus en multipliant les pains nous parle de la Terre promise. Il dit à son peuple : « Vous n’avez pas à manger ? C’est que la terre où vous marchez n’est plus la Terre promise. Si elle était encore la Terre promise, elle vous nourrirait. Et si la terre sur laquelle vous vivez n’est plus la Terre promise, c’est que Dieu n’y réside plus de manière privilégiée. Car c’est Dieu qui féconde la terre. » C’est Dieu qui donne la vie en surabondance.

Donc Jésus suggère que la Terre promise n’est plus là. Où est-elle ? Dorénavant, la terre promise, la terre que Dieu veut féconder, la terre qui doit donner du fruit, c’est notre cœur ! 

Ridley Scott, le réalisateur de Alien et Gladiator, a tourné il y a vingt ans, un film un peu oublié aujourd’hui, mais qui m’avait beaucoup marqué : Kingdom of Heaven. C’est l’histoire d’un chevalier qui part à Jérusalem parce qu’il veut entrer dans le Royaume de Dieu. Il découvre en Terre sainte la même violence et la même bêtise humaine que dans son Angleterre natale. Cruelle déconvenue ! Mais il rencontre Baudouin IV de Jérusalem. Et le saint roi lépreux lui explique : « Le Royaume de Dieu n’est pas sur cette terre, le Royaume de Dieu est dans chaque cœur généreux. »

C’est dans la terre tendre de notre cœur que le Verbe veut grandir. C’est dans notre cœur que le grain de blé veut germer. Le Royaume de Dieu sur la terre, la Terre promise, la terre bénie, ce n’est pas la minuscule pièce du puzzle de l’empire romain dont Hérode est le souverain pâlichon. La Judée a la taille d’un canton. Non, le Royaume que Dieu veut conquérir est beaucoup plus grand : c’est notre cœur. 

Et donc, la grande affaire de notre vie, c’est de laisser grandir en nous la présence du Seigneur, de faire de notre cœur une terre hospitalière à Dieu.

Pour réussir cette aventure plus incroyable que celle vécue par les héros de Ridley Scott, Dieu nous aide, heureusement. Il nous donne la vie en surabondance. Dans l’évangile selon saint Jean, il y a deux mots pour dire “vie” : il y a la bio – c’est la vie des bactéries, comme dans les yaourts bio, c’est la chlorophylle des plantes, c’est la vie des hérissons. Et puis il y a la zoé, la vie en surabondance, la vie survitaminée qui vient de Dieu, une force incroyable de beauté et d’amour pour transformer le monde. Le don gratuit de Dieu dont nous parlent les lectures aujourd’hui, le pain que Jésus veut nous partager, c’est la zoé, la vie même de Dieu.

Accueillons la zoé qui peut nous transformer. Offrons-nous un cœur vaste comme le monde, aux dimensions du Royaume de Dieu.

Chant

Ta lumière a jailli
Écouter le chant

Ta lumière a jailli au matin de ta Pâque,
Ô Christ soleil levant,
Tu as délivré les captifs de la mort,
Alléluia !

Dans l’aube encore incertaine
Du monde nouveau,
Tandis que lentement
Le jour se lève dans nos cœurs,
Tu es là sur le rivage, Seigneur,
Surgissant avec l’aurore ;
Tu nous entraînes avec toi
Dans la lumière sans déclin.

Il y eut un matin,
Jésus se tint sur le rivage ;
Chantons une louange nouvelle :
Voici le jour nouveau,
Que le Seigneur a fait ;
Ô Christ, tu es ce jour
Qui fait le monde nouveau.

Mets en nos cœurs ô Christ,
ta louange éternelle :
rendons gloire au Père des lumières !
Sois béni Christ Jésus,
Lumière née de la Lumière !
Et que sans fin l’Esprit
illumine nos yeux !

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
℗ ADF-Bayard Musique

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