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En ce cinquième dimanche de Carême de l’an de grâce 2026, entrons dans la célébration de la mort et de la résurrection de notre Seigneur, en demandant à Dieu la grâce de pleurer nos fautes, dans la confiance que Dieu est plus grand qu’elles et qu’il les pardonne.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Jean 11, 3-7.17.20-27.33b-45

En ce temps-là, Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
 Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Prédication

Les larmes de Jésus
par Frère Franck Guyen
Écouter la prédication

Jésus pleure la mort de son ami Lazare. Ces larmes peuvent surprendre : Jésus sait mieux que quiconque que la mort n’est pas la fin de tout, il sait que son ami Lazare ressuscitera pour la vie éternelle, et pourtant il pleure.

Je crois qu’il pleure parce qu’en tant que vrai homme, il ne peut rester insensible aux pleurs de Marthe et Marie. Je crois aussi qu’il pleure parce qu’il ressent la douleur de perdre un ami. On peut donc croire à la résurrection finale, et en même temps, pleurer la mort d’un proche. Je pense à ce frère du monastère de la Pierre-Qui-Vire qui reprochait à son père abbé d’avoir pleuré à l’enterrement d’un moine. Selon moi, il avait tort.

Bien sûr, la foi du chrétien lui interdit de s’abandonner à la tristesse, comme le dit saint Paul aux Thessaloniciens (1 Th 4,13-14) : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. » La tristesse dont parle saint Paul naît de l’absence d’espérance en la résurrection des morts. Elle nourrit le découragement sinon le désespoir, elle fait craindre que tout ce qui a été vécu avec le défunt l’a été en vain, elle dessine un avenir hanté par la perte irrémédiable de l’être aimé.

Cette tristesse-là n’est pas chrétienne, mais il est permis au chrétien d’éprouver le manque, le vide, le creux que provoque la disparition de l’être aimé en cette vie-ci, et d’en pleurer. On pourrait même s’inquiéter de celui qui ne manifesterait aucun signe de tristesse – je pense à Ordet, le film de Dreyer où un père bénit Dieu quand son fils, jusque-là enfermé dans sa carapace, éclate enfin en sanglots devant le cercueil de sa femme.

Dieu nous a dotés d’un cœur de chair, d’un cœur chaud et palpitant, et c’est le péché qui le transforme en une chose froide et dure, insensible à la souffrance des autres, incapable de chagrin et d’amour – bref, en une pierre, pour tout dire. Cette maladie du cœur, Ezéchiel l’avait prophétisé et il avait dit que Dieu la vaincrait : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36,26)

Mes amis, aucune créature ne peut supporter toute la peine et toute la misère du monde. Personne n’a assez de larmes pour pleurer toutes les morts injustes. S’y essayer, c’est à coup sûr voir son cœur éclater. Seul le cœur de Dieu le peut. Alors, laissons-nous toucher par lui, laissons-nous toucher au spectacle du cœur de Jésus transpercé par la lance sur la croix. Pour que nos cœurs palpitent à nouveau, pour qu’ils saignent, qu’ils pleurent et qu’ils vivent. De la vie de Dieu.

Chant

Ô Christ, fontaine de la vie
Écouter le chant

Ô Christ fontaine de la Vie,
Nous te chantons Ressuscité
De l’homme Tu deviens l’ami,
Et tu le sauves de la mort !

Malgré la pierre du tombeau,
Et les soldats gardant ton corps,
Tu ressuscites en notre nuit,
Rendant au monde sa clarté.

Ton bras s'est recouvert de gloire,
Tu as broyé tes ennemis,
Tu ouvres au profond des enfers
La voie nouvelle à Israël.

Tes mains qui nous ont façonnés,
Tu les as étendues en croix,
Pour que nos corps pétris de boue
De terre soient ressuscités.

Nous t'avons soumis à la mort,
Toi qui nous as donné la vie,
Tu nous ressuscites avec toi,
Et tu nous rends l'éternité !

Gloire et louange au Dieu très Saint,
Gloire à son Fils ressuscité,
Gloire à l'Esprit qui nous unit,
Aux Trois la même adoration !

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Exultet
℗ ADF-Bayard Musique

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